ANTITHÈSE

L'art nous détourne-t-il du réel ?

Ce dossier a été réalisé pas François Jourde,
agrégé de philosophie.

 

L'expérience d'une contradiction, ou pourquoi la question se pose

Pour susciter notre intérêt et nous divertir, certaines oeuvres d'art n'hésitent pas à inventer des êtres fictifs, un monde différent de notre monde habituel. En nous plongeant dans ce monde imaginaire, nous oublions alors nos soucis du moment. Si l'art nous divertit et nous plaît, cela semble donc avant tout parce qu'il nous détourne du réel, en nous invitant à entrer dans ce qui n'est pas réel (l'irréel).

Est-il alors juste de dire que l'art nous détourne du réel ? N'y a-t-il pas une autre conception de l'art ?
Identifiez la conception contraire, parmi ces trois possibilités :

1. Pourtant l’oeuvre d’art ne nous divertit pas toujours parce qu’elle ne nous plaît pas toujours. Face à une oeuvre nos avis divergent et notre appréciation semble subjective. L’oeuvre d’art crée ainsi plus de désaccord entre les hommes qu’elle ne crée de consensus.

Ce n’est pas la thèse contraire. Il n’est pas question ici de la relativité et de la subjectivité des jugements esthétiques (jugements de goût).

2. Pourtant certaines oeuvres d’art ne font que reproduire le réel, sans le transformer, sans imaginer un autre monde. Certaines peintures, par exemple, reproduisent très fidèlement le réel, nous montrant un paysage, un portrait ou une nature morte. Et nous trouvons même parfois dans cette représentation du réel un charme et une beauté que nous n’avions pas éprouvé devant l’objet réel. En ce sens, l’art ne semble pas nous détourner du réel, mais au contraire nous rappeler à un réel auquel nous n’avions pas prêté toute notre attention. L’art semble dès lors nous tourner vers le réel.

C’est en effet la thèse contraire : l’art nous tourne vers le réel.

3. Pourtant, pour bien imiter le réel, l’artiste doit faire preuve d’une certaine maîtrise technique. Il doit s’être entraîné en répétant les mêmes gestes pour produire un résultat qui dépasse ce que l’homme du commun peut faire. Ainsi l’art suppose une certaine technique. Il n’y a pas d’art sans technique.

Ce n’est pas la thèse contraire. Il n’est pas question ici de la relativité et de la subjectivité des jugements esthétiques (jugements de goût).


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