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ANTITHÈSE
Une société peut-elle se passer d’État ? |
Thèse : la société peut se passer d’État.
Arguments :
1. On croit que l’État est nécessaire parce qu’il est un ensemble d’institutions organisant la vie en société. Or il y a d’autres moyens de régler les relations entre les individus : la coutume et les traditions organisent beaucoup d’aspects de notre vie sans que l’État ait à intervenir. Par exemple, la coutume dicte les règles de politesse sans que l’État ait à nous dire ce que nous devons faire pour être poli.
2. De plus, l’intérêt bien compris de chacun ne permet-il pas aux hommes de s’organiser d'eux-mêmes ? Puisque chacun comprend son intérêt propre, les relations humaines se développent d’elles-mêmes vers un équilibre entre les intérêts des uns et des autres. Cette auto-régulation des relations humaines est revendiquée par les politiques ultra-libérales, qui affirment n'avoir pas besoin de l’État pour organiser la vie sociale.
3. Enfin, pour établir l’ordre, l’État n’hésite pas à employer des moyens violents (police, prison...). Il exerce des contraintes portant atteinte à notre liberté. Dès lors, la liberté n'exige-t-elle pas de se passer de l'État ?
Transition :
Peut-on véritablement souhaiter vivre dans une société sans État, où chacun serait libre de faire tout ce qu'il veut ?
Certes, sans la contrainte étatique, nous semblons gagner en liberté. Mais ce que nous gagnons en liberté, ne le perdons-nous pas en sécurité ? Ne vivrions-nous pas alors dans la peur et l'instabilité ?
Tel est le paradoxe : rejeter l'État pour échapper à sa violence, c'est s'exposer à la violence de tous , à la guerre de tous contre tous.
Pour éviter cette difficulté, deux voies sont possibles :
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