Les passions
Profil Notions
philosophiques n° 782
La passion peut se définir comme un état affectif
qui se manifeste par un attachement exacerbé, exclusif et durable à un
objet, au point de dominer la personnalité du sujet et de déterminer son
comportement. Du fait de leurs effets
néfastes dans les domaines psychologique, cognitif, social et politique,
toute une tradition philosophique s'est vigoureusement méfiée des passions
: Platon qui les concevait comme un assujettissement de l'âme au corps,
Descartes comme une source d'illusion possible, Kant comme une maladie
de l'âme, et même Alain comme un facteur de guerre. Cependant, ne peut-on
considérer les passions comme des processus naturels, moralement acceptables,
ou bien comme une des sources du bonheur, ou encore comme le moteur de
l'Histoire. Ainsi que l'affirme Hegel : "Rien de grand ne s'est accompli
sans passion". Entre réquisitoire et apologie, ou plus précisément
en-deçà de tout jugement éthique, nous chercherons à saisir ce qui se
joue dans la passion : peut-être un refus du temps et de la rupture entre
les êtres, c'est-à-dire finalement un désir d'éternité et de communion.
Frédéric Rognon
Professeur de philosophie
Extraits à lire :
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