Fondement pour la métaphysique des mœurs, Kant
Classiques Hatier de la philosophie

Analyse : Ole Hansen-Löve, professeur de Première supérieure au lycée d'État de Sèvres.
Dossier réalisé par Elizabeth Montlahuc.

 

Résumé

Dans la Critique de la raison pure, Kant a posé la question : " Que dois-je faire ? ", annonçant ainsi une philosophie morale à venir. Le Fondement de la métaphysique des mœurs est la première étape de la réalisation de ce projet ; la seconde étape sera mise en œuvre dans la Métaphysique des mœurs. Il s’agit, dans un premier temps, de donner une assise, un " fondement ", aux règles morales de la conduite de la vie. Ces règles, et les principes dont elles sont tirées, n’ont pas à être " inventés ", " créés ", ils sont impliqués dans l’expérience morale et doivent être mis à jour, élucidés par la réflexion et l’analyse.

Le fil directeur de la démarche se trouve dans l’idée d’après laquelle le propre de l’obligation morale, ce qui la distingue de toutes les autres formes d’obligation, réside dans le fait qu’elle est inconditionnelle : elle ne vaut pas seulement si…et dans la mesure où…, mais absolument. Telle est la marque de l’impératif catégorique. Est bonne la volonté qui se détermine à partir de la représentation de la loi morale et ne met aucune condition particulière à la réalisation de celle-ci. Ce n’est pas le but visé qui est bon au point de vue moral, car toutes sortes de mobiles et d’inclinations peuvent nous y conduire ; ni l’action accomplie, car l’exécution de celle-ci peut être favorisée ou entravée par toutes sortes de facteurs extérieurs à la volonté : la moralité consiste à agir par devoir et non conformément au devoir. Comment peut-on alors caractériser l’entière conformité de la volonté à la loi morale, hors de toute condition particulière ? La réponse de Kant se trouve dans l’injonction suivante : " Agis comme si la maxime de ton action devait devenir par ta volonté une loi universelle de la nature ". Puis-je vouloir que tous les êtres raisonnables agissent selon la même maxime que moi ? La volonté qui agit d’après cette règle est bonne.

La volonté qui se détermine de cette manière est libre : elle est dégagée de l’action des mobiles sensibles et des inclinations. Toutefois, cette liberté ne peut être démontrée, ni établie à partir de l’expérience ; elle est une idée de la raison. La volonté libre est le propre d’un être raisonnable. L’homme est un tel être, mais il a aussi une nature sensible, et c’est pourquoi sa volonté n’est pas toujours déterminée par le respect de la loi morale. Nous supposons seulement que nous sommes libres, mais cette supposition est constitutive de notre volonté et manifeste par là notre destination morale.

 

 

Error: Unable to read footer file.