Question 1 : quelles sont les notions
en jeu dans cet extrait ?
Ces notions sont : le droit, l'Etat, la liberté.
Question 2 : que désigne le "droit
naturel" d'un homme "à exister? Et à agir ?"
Le droit naturel d'un homme, c'est ce que chacun
possède en tant qu' Etre de la nature. D'abord chacun s'efforce, autant
qu'il peut, de "persévérer dans son Etre ", c'est-à-dire d'exister
comme individu et d'agir - d'exprimer son désir. (cf. Ethique
IV, prop.18) Ainsi le droit naturel de chacun, sensé ou insensé, s'étend
aussi loin que s' étend sa puissance, ce qui établit le risque de la
violence.(p.24) Spinoza établit, dans le chapitre XX du TTP, les fondements
d'un droit civique, qui ne vienne pas contredire "le droit naturel
d'exister et d'agir" d'un individu, mais l'aide a l'établir"
sans danger pour lui et Autrui".
L'état de société, de même que la raison, sont
naturels à l'Homme. Le but de l'Etat est l'utilité commune (cf. Ethique
IV). Pour que ne règne pas la violence anarchique, et que chacun se
sente en sécurité, il faut que la force appartienne à l'Etat ou "
Souverain ". Mais ce pouvoir est limité , par le fait que chaque
citoyen doit conserver son "droit naturel d'exister et d'agir",
en particulier l'exercice de sa Raison. Il est avantageux pour l'Etat
que l'adhésion des citoyens à la loi civile soit librement consentie.
Ils ne sont pas des automates, mais des Etres libres. C'est cette liberté
qui garantit la force et la paix de l'Etat dont le meilleur régime,
le plus "naturel" est la démocratie.
Question 3 : quelle est la thèse du
texte?
La thèse du texte est exprimée par la dernière
phrase : "la fin de l'Etat est donc en réalité la liberté."
Alors qu'on pourrait croire que c'est l'ordre et la sécurité. Or justement,
cet ordre et cette sécurité sont renforcés par la liberté des citoyens
, en particulier la liberté d' opinion religieuse. Ceux ci doivent faire
et voter les lois en toute indépendance.
L'autonomie de l'Etat par rapport à toute autorité
religieuse est ainsi proclamée et c'est la thèse que Spinoza établit
dès le titre même du TTP(cf. p. 6) : [la liberté] "ne peut être
supprimée sans supprimer en même temps la paix de l'Etat et le sentiment
et exercice religieux (cf. la véritable "piété spirituelle"
que Spinoza analyse dans l'Ethique V.)