Traité Théologico-politique, Spinoza
Classiques Hatier de la philosophie

Analyse : Myrielle Pardo
Dossier réalisé par Elizabeth Montlahuc.

PRESENTATION

Le Traité Théologico-Politique a été publié anonymement par Spinoza en1670 et aussitôt interdit. L'auteur y étudie les rapports entre la religion et la politique en s'appuyant sur la lecture de la Bible, et sur l'exemple de son pays, les Pays- bas, qui ont connu un Etat de République libérale et tolérante entre 1648 et 1672. Cependant cet Etat a souffert des oppositions cléricales qui ont imposé l'exil de Spinoza à l'intérieur de son pays et son silence.C'est contre leur intolérance que s'élève Spinoza. Il énonce son propos en expliquant le titre de son livre. Il veut montrer que la liberté de penser est une force pour l'Etat et une sécurité pour l'exercice religieux. Dans une lettre de 1665 a Oldenburg il affirme que ce sont les préjugés des théologiens "qui empêchent les hommes d'appliquer leur âme à la philosophie". Or il veut défendre "par tous les moyens" la liberté de philosopher.

Préface

La Préface étudie les sources de la superstition qui ruine la vraie "religion spirituelle". Il en dégage deux fondamentales : la crainte, et l'espoir des biens incertains ; ces "passions" créent la croyance en la providence et les attitudes fanatiques. Les rois se servent de la religion superstitieuse pour dominer leur peuple. Ils interdisent la libre expression de la pensée. Or cette attitude est contraire à l'esprit démocratique.

La paix de l'Etat démocratique ne peut être fondée que sur la liberté de la pensée : c'est la thèse principale du Traité théologico-politique.

Spinoza s'appuie sur de nombreux exemples tirés de l'histoire antique et biblique pour montrer que l'intolérance cléricale ruine la vraie religion spirituelle, dont il trouve une origine chez les prophètes bibliques -le Christ en particulier.

Il propose une méthode rationnelle pour interpréter l'Ecriture biblique, méthode fondée sur une approche historique et philologique des textes -ce qui est hérétique en son temps. Il sépare la philosophie et la foi religieuse et énonce les règles d'une religion universelle. Ces règles, fondées sur la justice et la charité seraient révélées à chacun.

Chapitre XX

Le chapitre XX établit le principe du droit naturel que possède chaque individu à défendre sa liberté de penser. Or l'Etat qui veut dominer les esprits, en particulier par la religion, est le plus violent des Etats.

Cette violence provoque le désastre, la guerre civile et la guerre extérieure. Un Etat démocratique doit refuser cette violence tout en établissant les limites de la liberté, qui sont d'agir en créant un préjudice aux autres.

Mais les opinions doivent être totalement libres.

L'Etat est le garant de la liberté et de la sécurité des citoyens. Il doit, de plus, promouvoir leur responsabilité à l'égard du bien public.

Il doit donc être attentif à ne pas laisser les autorités religieuses empiéter sur le domaine civil. Spinoza est ici le défenseur d'une pensée laïque. Il s'appuie sur les fluctuations de l'Etat hollandais au XVIIe siècle.

Malgré la tolérance qui y a régné, les guerres civiles éclatèrent lorsque les théologiens prétendirent régenter les opinions et la politique (après 1672).

 

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