Analytique du beau, Emmanuel Kant
Classiques Hatier de la philosophie

Deuxième extrait - § 9, p. 28

Les facultés cognitives mises en jeu dans cette représentation y sont dans un libre jeu, parce que nul concept déterminé ne les astreint à une règle particulière de connaissance. L'état de l'esprit dans cette représentation ne doit donc être autre chose que le sentiment du libre jeu des facultés représentatives s'exerçant sur une représentation donnée pour en tirer une connaissance en général. Or une représentation par laquelle un objet est donné, pour devenir une connaissance en général, suppose l'imagination, qui rassemble les divers éléments de l'intuition, et l'entendement, qui donne l'unité au concept unissant les représentations. Cet état, qui résulte du libre jeu des facultés cognitives dans une représentation par laquelle un objet est donné, doit pouvoir être universellement communiqué, puisque la connaissance, en tant que détermination de l'objet, avec laquelle des représentations données (dans quelque sujet que ce soit) doivent s'accorder, est le seul mode de représentation qui ait une valeur universelle.

Interview de Ole Hansen-Løve, professeur de Première supérieure au lycée d'État de Sèvres.

Question 1 : quelles sont les notions en jeu dans cet extrait ?

L'imagination, l'entendement, la connaissance.

Question 2 : Qu'est ce qui différencie un jugement de goût d'un jugement de connaissance ?

Ce dernier renvoie à ce qui est hors de moi, le premier à ce qui se passe en moi.

Question 3 : Que désigne exactement l'état de l'esprit dans la représentation esthétique - soit "le sentiment du libre jeu des facultés représentatives" ?

Ces facultés sont l'imagination et l'entendement. Ces deux facultés sont subordonnées l'une à l'autre la plupart du temps : l'imagination à l'entendement dans la connaissance, l'entendement à l'imagination dans le désir. Dans l'expérience du beau, elles s'accordent et se stimulent sans se dominer, comme dans un "libre jeu".

Question 4 : Si la représentation de l'objet, dans le jugement de goût, est celle d'une chose individuelle, comment peut-elle fonder un assentiment universel ?

Si mon propre assentiment n'est pas déterminé par des "conditions d'ordre personnel" je suppose que tout un chacun devra s'accorder avec moi.

 

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