Analytique du beau, Emmanuel
Kant
Classiques Hatier de la philosophie
Emmanuel
Kant, Analytique du beau
Traduction de Jules Barni, revue par Ole Hansen-Løve
Analyse de Ole Hansen-Løve.
Résumé
L'Analytique du beau se propose
de dégager les éléments ou caractères constitutifs
de toute appréhension de ce que nous considérons comme
beau. Elle se réfère par conséquent à l'expérience
esthétique, à la rencontre que nous faisons de choses
belles, et plus particulièrement au jugement qui se forme alors
en nous, et non à un "beau en soi". Quatre moments
sont dégagés. Lorsque nous disons qu'une chose est belle,
nous exprimons une satisfaction, un plaisir que cette chose suscite
en nous ; or cette satisfaction, dans le cas du beau, est désintéressée.
Dans la mesure même où elle est libre, en ce qu'elle ne
découle pas d'un intérêt, ni subjectif (comme celui
que nous prenons à quelque chose d'agréable), ni objectif
(comme celui que nous prenons à ce qui est conforme au bien),
il nous paraît que cette satisfaction doit être attribuée
à tous, et donc que ce qui est beau plaît universellement,
sans pouvoir pour autant être démontré. Effet du
libre jeu entre notre imagination et notre entendement, le plaisir que
nous éprouvons dans la contemplation de ce qui est beau suscite
en nous la représentation d'une finalité (d'un rapport
à une fin), que nous saisissons dans la forme de ce qui est beau
; mais nous ne pouvons pas, pour autant, attribuer une fin objective
au beau : c'est la finalité sans fin. Enfin cette satisfaction
nous paraît nécessaire en ce sens qu'en l'éprouvant,
elle nous paraît devoir être éprouvée par
tous, sans que cette nécessité puisse toutefois être
démontrée au moyen d'un concept qui énoncerait
les "critères" du beau, car un tel concept n'existe
pas. Satisfaction désintéressée, universalité
subjective, finalité sans fin, nécessité sans concept
: tels sont les quatre moments constitutifs du jugement de goût
pur, celui qui a bien pour objet le beau, et non pas simplement l'agréable.
|