Travailler pour donner un sens à l'existence,
E. KANT (1724 - 1804)


Pour Emmanuel Kant le travail n'est pas seulement un devoir moral, une obligation pénible. Kant insiste au contraire sur la dimension positive de cette contrainte. Elle est un bienfait pour l'Homme : pour l'espèce humaine comme pour chaque individu.

L'homme est le seul animal qui doit travailler. Il lui faut d'abord beaucoup de préparation pour en venir à jouir de ce qui est supposé par sa conservation. La question de savoir si le Ciel n'aurait pas pris soin de nous avec plus de bienveillance, en nous offrant toutes les choses déjà préparées, de telle sorte que nous ne serions pas obligés de travailler, doit assurément recevoir une réponse négative : l'homme en effet a besoin d'occupations et même de celles qui impliquent une certaine contrainte. Il est tout aussi faux de s'imaginer que si Adam et Eve étaient demeurés au paradis, ils n'auraient rien fait d'autre que d'être assis ensemble, chanter des chants pastoraux, et contempler la beauté de la nature. L'ennui les eût torturés tout aussi bien que d'autres hommes dans une situation semblable.

L'homme doit être occupé de telle manière qu'il soit rempli par le but qu'il a devant les yeux, si bien qu'il ne se sente plus lui-même et que le meilleur repos soit pour lui celui qui suit le travail.


Emmanuel KANT, Réflexions sur l'éducation (1776),
trad. Philonenko, Vrin, 1966, pp. 110-111.

 

Error: Unable to read footer file.