Critique de la raison pure - Préface de la seconde édition, E. Kant

Classiques Hatier de la philosophie
Deuxième extrait (p. 20)

C’est dans cette tentative pour transformer la démarche adoptée jusqu’à présent par la métaphysique et pour entreprendre ainsi, à l’instar des géomètres et des physiciens, une révolution radicale de celle-ci, que consiste l’objet de cette Critique de la pure raison spéculative. Elle est un traité de la méthode, et non un système de la science elle-même ; mais elle en spécifie en quelque sorte tout le contour, tant en ce qui concerne ses limites que l’ensemble de sa structure interne. Car la raison pure spéculative a cette particularité : elle peut et elle doit mesurer son propre pouvoir selon ses diverses manières de choisir des objets de pensée, et même dénombrer entièrement les différentes manières dont elle se pose des problèmes, et ainsi tracer le plan complet d’un système de métaphysique.

Interview de Ole Hansen-Love

Question 1 : Quelles sont les notions du programme en jeu dans cet extrait ?

Les mêmes que précédemment (dans le premier extrait), sauf la raison et le sensible.

Question 2 : Qu’est ce que la raison pure spéculative ?

La raison pure est la raison considérée en elle-même, indépendamment de ce qu’elle peut tirer de l’expérience ; en tant que raison pure spéculative, elle détermine ce qui est et contient les conditions a priori de toute connaissance en général, par opposition à la raison pratique qui détermine ce qui doit être et contient les conditions a priori de la moralité (voir le troisième extrait).

Question 3 : Pourquoi l’auteur dit-il que la Critique de la pure raison spéculative est " un traité de la méthode, et non un système de la science elle même " ?

La Critique et la métaphysique sont à la fois associées et distinctes : associées en ce qu’elles relèvent l’une et l’autre de la raison pure, indépendamment de toute expérience, mais distinctes en ce que la Critique détermine les conditions de possibilité de toute science a priori, alors que la métaphysique est cette science elle-même, que ce soit comme métaphysique de la nature (principes a priori de ce qui est) ou comme métaphysique des mœurs (principes a priori de ce qui doit être). La Critique est un préalable nécessaire à toute métaphysique véritable.

Question 4 : Pouvez vous expliquer en particulier la dernière phrase de cet extrait ?

La raison est son propre maître, elle est juge d’elle-même : en tant que Critique elle doit déterminer les conditions de sa propre activité, ses démarches et ses limites.

 

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