Critique de la raison pure
Préface de la seconde édition

Emmanuel Kant

Classiques Hatier de la philosophie
Traduction et analyse de Ole Hansen-Love
Professeur de Première supérieure au lycée d’Etat de Sèvres

Présentation

L’essor des connaissances rationnelles, qui font appel à des principes qui relèvent de la raison (la logique et les mathématiques, depuis l’Antiquité, et la physique, plus récemment), met en lumière, par contraste, la stagnation, voire l’enlisement de la métaphysique. Cette discipline, qui se définit traditionnellement comme la connaissances des premières causes et des premiers principes, n’a pas encore trouvé la voie sûre de la science. Les exemples de la mathématique et de la physique peuvent-ils instruire le philosophe de ce qui pourrait ouvrir à la métaphysique le chemin du succès ?

L’examen de ces exemples fait apparaître la nécessité d’une " révolution copernicienne " (Kant), c’est-à-dire de l’idée selon laquelle ce n’est pas l’esprit qui se règle sur les choses, comme s’il s’agissait d’établir une copie de ce que les choses sont en elles-mêmes, mais les choses qui se règlent sur l’esprit. L’entendement va au devant des choses telles qu’elles se présentent dans l’expérience et les détermine à partir de ses catégories, qui sont indépendantes de l’expérience. La connaissance est synthèse de la matière que fournit l’expérience et de la " forme " que constitue le concept de l’entendement.

Dès lors la métaphysique est d’une part la mise à jour des principes purs de toute connaissance théorique des choses (métaphysique de la nature), et d’autre part elle contient les principes premiers de l’usage pratique de la raison (moralité) et forme à cet égard la métaphysique des mœurs. Cette métaphysique suppose une critique, c’est-à-dire un examen systématique des conditions dans lesquelles nous pouvons user légitimement de notre pouvoir de connaître. C’est cette critique que Kant déploie dans l’ensemble du livre.

 

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