L'HISTOIRE
L'histoire L’essentiel La
notion d'histoire en 3 schémas explicatifs 1. L’histoire comme représentation (le récit ou l’étude du passé humain) 2. L’histoire comme réalité (la réalité historique elle-même : totalité de ce qui a eu lieu) 3. Synthèse : l’ensemble des questions posées par la notion d’histoire
Toute réflexion sur l’histoire doit considérer les deux sens du mot : 1.
le devenir historique 2.
la représentation du passé Bref, d’une part l’histoire comme devenir ; d’autre part — et portant sur elle — l’histoire comme connaissance.
1. Le premier sens ouvre les questions de la philosophie de l’histoire. Y a-t-il une Histoire universelle, ou seulement des histoires locales ? L’Histoire est-elle inintelligible (sans signification ultime) ou a-t-elle un sens profond ? L’histoire se développe-t-elle nécessairement, et peut-être même sous la conduite d’un principe supérieur, ou les hommes peuvent-ils volontairement et librement modifier son cours ? Si l’histoire a un sens, celui-ci la dépasse forcément (une chose renvoyant à elle-même n’aurait pas de sens). Or, cet au-delà de l’histoire ne pouvant pas être objet de science, il ne pourra être que l’objet d’une croyance — au fond, religieuse (foi en la providence, messianisme…). Mais ce sens pourra hélas servir de caution à ceux qui, s’en faisant les prophètes, voudront le réaliser contre le gré des autres (fanatisme, dictature…). Reconnaissons qu’il n’est pas nécessaire que l’histoire ait un sens global pour que nous puissions y poursuivre nos propres buts. Le scepticisme quant au sens final de l’histoire n’interdit pas, quand le courage et l’humanité s’y joignent, le militantisme. Voir l’étude de la citation de Hegel.
2. Le second sens ouvre les questions d’épistémologie de la science historique (historiographie). Le fait historique est-il donné, ou construit par l’historien ? L’objectivité de l’histoire n’est-elle pas compromise par la subjectivité et l’interprétation de l’historien ? L’histoire nous fait-elle connaître des lois, ou se contente-t-elle de dégager les causes d’événements toujours uniques ? L’histoire comme discipline doit naviguer entre deux écueils : a) la partialité d’une mémoire évoquant subjectivement le passé et déformée par nos désirs ; b) l’illusion d’une parfaite impartialité, d’une saisie objective et définitive de la vérité du devenir humain. L’histoire doit certes viser la connaissance du passé humain (exigence de vérité), c’est-à-dire son explication par la mise en relation causale de ses éléments clés. Mais elle ne doit pas pour autant ignorer la relativité de son point de vue — toute histoire est histoire présente, liée à son temps, donc elle-même prise dans le devenir historique. Toute histoire est partiale autant que partielle. " L’histoire n’est donc jamais l’histoire, mais l’histoire pour " (C. Lévi-Strauss, La Pensée sauvage). Voir l’étude de la citation de Paul Ricœur.
Complément Tout est-il pris dans l’histoire ? Parce que vous devez souvent opérer des rapprochements entre les notions du programme, nous vous proposons un développement mettant en rapport histoire, connaissance et vérité. Le problème sera le suivant : faut-il parler d’une histoire de la vérité, ou plutôt d’une histoire de la connaissance ? La vérité change-t-elle avec l’histoire, ou se place-t-elle au-delà du temps ? Si elle change, peut-elle vraiment être objet de connaissance ? Voir l’étude de la citation de Spinoza.
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